Peut-on avoir un singe en France ? Aucun singe autorisé sans certificat de capacité : ouistiti, capucin, galago, macaque, prix du marché noir, sanctions (3 ans, 150 000 €) et liste positive 2026
En bref
Non, un particulier ne peut pas avoir de singe en France. Tous les primates, du galago de 200 grammes au macaque, sont en colonne (c) de l'arrêté du 8 octobre 2018 : certificat de capacité et autorisation préfectorale d'ouverture dès le premier animal, des titres réservés en pratique aux zoos, élevages et refuges. Aucune espèce n'est « autorisée », « domestique » ou en simple déclaration ; le capucin et le galago ne font pas exception. Acheter, vendre, transporter ou détenir sans ces titres est un délit : 3 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende, 7 ans et 750 000 € en bande organisée, saisie définitive. Il n'y a pas de prix légal ; les annonces à 3 000 à 10 000 € sont du trafic ou des arnaques. La liste positive prévue par la loi de 2021 n'est toujours pas publiée en octobre 2026 et ne contiendra aucun primate. Les seules façons légales d'« avoir » un singe : parrainage (Beauval dès 20 € par an, Vallée des Singes) et visites.
Réponses rapides
- Le régime légal : colonne (c), certificat de capacité, autorisation d'ouverture.
- Espèce par espèce : ouistiti, pygmée, capucin, saïmiri, galago, macaque, lémurien.
- Acheter ou adopter un singe : pourquoi aucune annonce n'est légale.
- Prix : marché noir documenté et coût réel.
- Le certificat de capacité : ce qu'il est, ce qu'il n'est pas.
- Sanctions : tableau complet.
- Liste positive 2026 : où en est la loi de 2021.
- Saisies récentes : Sérignan, Lyon, Vendée, Jouy-en-Josas.
- Dangers et zoonoses : herpès B, morsures.
- Alternatives légales : parrainage, parcs, refuges.
Le régime légal : tous les primates en colonne (c), dès le premier animal
En France, la détention d'animaux d'espèces non domestiques est organisée par l'arrêté du 8 octobre 2018, dont l'annexe 2 classe chaque groupe d'espèces en trois colonnes : (a) régime libre jusqu'à un certain effectif, (b) déclaration en préfecture, (c) certificat de capacité et autorisation d'ouverture d'établissement. La ligne « 19° Primates (lémuriens, singes) » porte la mention « sans objet » en colonnes (a) et (b), et « 1 et plus » en colonne (c). Autrement dit, à partir du premier individu, et quelle que soit l'espèce, détenir un primate suppose deux titres préfectoraux distincts :
- Le certificat de capacité (article L. 413-2 du Code de l'environnement), qui atteste la compétence du détenteur pour les espèces demandées, après examen d'un dossier d'expérience et de formation.
- L'autorisation d'ouverture d'établissement (article L. 413-3), délivrée après inspection des installations, qui autorise un lieu précis à héberger ces animaux.
Ces titres ne sont pas réservés par la loi aux professionnels : un « élevage d'agrément » peut en théorie les demander. Mais pour des primates, le dossier doit démontrer une expérience réelle auprès de ces espèces et des installations permettant une vie de groupe, un enrichissement et une quarantaine, ce qu'un appartement ou un pavillon ne permet pas. Le ministère de la Transition écologique résume la situation dans une réponse publiée au Journal officiel le 21 juillet 2026 : l'arrêté de 2018 « interdit aux particuliers » la détention d'une espèce de colonne (c) sans certificat de capacité. L'arrêté impose aussi l'identification par puce dans le mois suivant la naissance (article 3), l'enregistrement au fichier national i-fap par le vétérinaire sous huit jours ouvrés (article 7) et une attestation de cession à chaque changement de détenteur (article 10). Son article 14 interdit en outre l'exposition en vue de la vente des espèces de colonne (c) : un ouistiti ne peut donc figurer ni en animalerie, ni en bourse, ni sur une annonce.
Les primates ne sont pas des animaux domestiques. L'arrêté du 11 août 2006 fixe la liste des espèces domestiques ; aucun primate n'y figure. Il n'existe donc pas de « singe domestique » en droit français, et l'expression, très recherchée, désigne en réalité un animal sauvage tenu en captivité par un particulier, c'est-à-dire une infraction.
Espèce par espèce : ouistiti, pygmée, capucin, saïmiri, galago, macaque, lémurien
Les recherches portent sur une poignée d'espèces, souvent présentées en ligne comme plus accessibles que les autres. Elles ont toutes le même statut en France.
| Espèce | Régime en France | CITES / UE | UICN | Poids adulte | Longévité | Vie sociale |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ouistiti commun (Callithrix jacchus) | Colonne (c) dès 1 | II / B | Préoccupation mineure | 240 à 320 g | Environ 10 ans dans la nature, davantage en captivité | Groupes de 7 à 8 (2 à 20), gommivore, jumeaux fréquents |
| Ouistiti pygmée (Cebuella pygmaea) | Colonne (c) dès 1 | II / B | Vulnérable (source secondaire) | Environ 100 à 150 g | Non renseignée | Groupes familiaux |
| Tamarin (Saguinus, Leontopithecus) | Colonne (c) dès 1 | II / B ; I / A pour le tamarin-lion, le pinché et le tamarin bicolore | Variable | 400 à 600 g | Non renseignée | Groupes familiaux |
| Saïmiri (Saimiri sciureus) | Colonne (c) dès 1 | II / B | Préoccupation mineure | 0,5 à 1,1 kg | Jusqu'à 30 ans en captivité | Troupes de 10 à 50 et plus |
| Capucin brun (Sapajus apella) | Colonne (c) dès 1 | II / B | Préoccupation mineure | 2,5 à 4,8 kg | Jusqu'à 45 ans en captivité | Groupes d'une dizaine |
| Macaque crabier (Macaca fascicularis) | Colonne (c) dès 1 | II / B | En danger depuis 2022 | 3 à 6 kg | Non renseignée | Groupes de 5 à 60 |
| Magot (Macaca sylvanus) | Colonne (c) dès 1 | I / A | En danger | Non renseigné | Non renseignée | Groupes |
| Galago (Galagidae) | Colonne (c) dès 1 | II / B | Variable | Non renseigné | Non renseignée | Nocturne |
| Lémuriens (Lemuridae, Indriidae, Cheirogaleidae) | Colonne (c) dès 1 | I / A | Variable, souvent menacés | Variable | Variable | Groupes |
Trois précisions que les pages concurrentes se transmettent de travers. Le capucin n'est pas « théoriquement possible sous conditions » : il est sur la même ligne que le macaque. Le galago, souvent présenté comme un petit NAC nocturne, est un primate au sens de l'arrêté et au sens du règlement européen 338/97, dont l'annexe B couvre « tous les primates » non inscrits en annexe A. Le magot et tous les lémuriens sont en annexe A (CITES I), ce qui ajoute au délit de détention une infraction douanière en cas d'importation. Les données biologiques du tableau viennent d'encyclopédies en ligne ; le statut juridique, lui, est celui du texte consolidé reproduit par AIDA/Ineris, modifié en dernier lieu par l'arrêté du 5 septembre 2025.
Acheter ou adopter un singe : pourquoi aucune annonce n'est légale
« Acheter un singe », « où acheter un ouistiti », « adopter un singe en France » : ces requêtes aboutissent à des annonces, parfois en français, souvent hébergées à l'étranger ou sur des réseaux sociaux. Elles sont illégales sans exception, pour une raison mécanique : la cession d'une espèce de colonne (c) exige une attestation de cession (article 10 de l'arrêté de 2018) dans laquelle l'acquéreur justifie de son propre certificat de capacité et de son autorisation d'ouverture. Un particulier ne peut pas fournir ces pièces, donc aucun vendeur honnête ne peut lui céder l'animal, et l'exposition en vue de la vente est elle-même interdite (article 14). Il reste donc deux cas :
- Le trafic. En janvier 2023, deux hommes ont été placés en garde à vue à Lyon pour avoir mis en vente un ouistiti à pinceaux blancs à 4 000 € sur une annonce clandestine ; l'animal a été confié au zoo de Saint-Martin-la-Plaine. En janvier 2024, quatorze saïmiris ont été volés dans un parc de La Londe-les-Maures (Var), valant « plusieurs milliers d'euros pièce » au marché noir selon l'AFP ; le parquet de Toulon a retenu la détention et le transport d'espèce protégée en bande organisée, soit sept ans encourus. L'étude « Primates for Purchase » menée six semaines durant en 2025 par l'AZA, l'IFAW et le WWF sur les réseaux sociaux américains a recensé plus de 1 600 primates proposés, macaques en tête, puis capucins, ouistitis, lémuriens et galagos, souvent déguisés en « adoption » ou « rehoming » ; aucun chiffre équivalent n'existe pour la France.
- L'arnaque. Les annonces de « ouistiti pygmée à vendre » avec photos de bébés, promesse de « tous les papiers CITES » et paiement par virement ou carte prépayée ne livrent rien. Le vocabulaire de l'adoption (« rehoming », « frais d'adoption », « éleveur agréé en Belgique ») sert à rassurer. Aucun éleveur agréé ne vend à un particulier, en France comme en Belgique ou en Espagne, dont les listes positives excluent tous les primates.
Dans les deux cas, l'acheteur est pénalement responsable au même titre que le vendeur : l'article L. 415-3 vise l'achat, la détention et le transport. À titre de comparaison, les démarches qui existent réellement pour une espèce protégée mais détenable sont décrites dans tortue d'Hermann : prix, budget et démarches.
Le capucin est souvent présenté comme « le singe autorisé ». Il figure sur la même ligne « Primates » que le macaque : certificat de capacité et autorisation d'ouverture dès le premier individu.
Prix d'un singe : ce que coûte le marché noir, ce que coûterait la légalité
| Animal (tous illégaux pour un particulier) | Montant documenté | Source et date |
|---|---|---|
| Ouistiti à pinceaux blancs, annonce clandestine, Lyon | 4 000 € | LyonMag, 10 janvier 2023 |
| Saïmiris volés dans un zoo, Var | « Plusieurs milliers d'euros » pièce | AFP, février 2024 |
| Tamarin au marché noir | 5 000 à 10 000 € | ONG citées par Reuters (source secondaire) |
| « Petits primates » sur des sites francophones | 3 000 à 5 000 € | Annonces en ligne |
| Ouistiti pygmée | Aucun prix fiable : les annonces sont des arnaques | Constat Patify, octobre 2026 |
Ces montants ne sont pas des prix d'achat, mais le ticket d'entrée d'une procédure pénale : au premier contrôle, l'animal est saisi sans indemnisation et le dossier transmis au parquet. Pour mesurer l'écart avec une détention légale, il faut compter ce qu'un établissement autorisé engage : installations de groupe chauffées avec enrichissement et zone de quarantaine, plusieurs individus de la même espèce (un primate seul est un animal malade), suivi par un vétérinaire compétent en primates, alimentation spécifique (gomme d'arbre et insectes pour les ouistitis), et une durée d'engagement de 20 à 45 ans selon l'espèce. Un capucin acquis à 25 ans peut survivre à son détenteur. C'est la raison pour laquelle les saisies finissent toutes dans un zoo ou un sanctuaire : il n'existe aucune structure privée capable de reprendre l'animal.
Le certificat de capacité : ce qu'il est, ce qu'il n'est pas
La confusion la plus fréquente consiste à croire que le certificat de capacité est un permis personnel que l'on obtiendrait comme un permis de chasse. Ce n'est pas le cas.
Ce qu'il atteste
Une compétence, pour des espèces nommément désignées, à partir d'un dossier d'expérience (stages, emplois en parc, formation) examiné par la DDPP et, pour les primates, souvent par une commission. Il n'autorise à lui seul aucune détention.
Ce qu'il faut en plus
L'autorisation d'ouverture d'établissement pour un lieu précis, après inspection, avec registre d'entrées et de sorties, vétérinaire sanitaire et conformité des installations. Les deux titres sont liés : le certificat vise les espèces, l'autorisation vise les locaux.
Ce qu'il ne permet pas
Garder un ouistiti dans un salon. L'autorisation d'ouverture n'est pas délivrée pour un logement, et un titulaire de certificat qui détient à domicile sans autorisation est en infraction comme n'importe qui.
Ce qui n'a rien à voir
L'ACACED, attestation de connaissances pour les animaux domestiques (chiens, chats, rongeurs), qui a remplacé le certificat de capacité animaux domestiques en 2016. Elle n'a aucune portée sur les primates.
L'arrêté de 2018 ne fixe aucune dimension d'enclos pour les primates ; l'adéquation des installations est appréciée au cas par cas lors de l'instruction. Le nombre de certificats « primates » délivrés à des particuliers n'est pas publié ; les professionnels du secteur le décrivent comme à peu près nul en dehors des élevages scientifiques et des parcs. Pour comparer avec les espèces qui, elles, relèvent d'une simple déclaration, voir le guide suricate : légal, prix et déclaration.
Sanctions : tableau complet
| Texte | Faits | Peine |
|---|---|---|
| L. 415-3 du Code de l'environnement | Détention, transport, achat, vente, utilisation d'une espèce protégée ou d'un spécimen CITES sans autorisation | 3 ans d'emprisonnement et 150 000 € ; amende doublée en cœur de parc national ou réserve naturelle |
| L. 415-3, circonstance aggravante | Mêmes faits en bande organisée | 7 ans et 750 000 € |
| L. 173-7 | Peine complémentaire | Confiscation de l'animal et du matériel |
| L. 171-7 et L. 171-8 | Détention sans certificat ni autorisation, voie administrative | Mise en demeure jusqu'à un an, amende administrative jusqu'à 45 000 €, suspension, mesures conservatoires aux frais du détenteur |
| R. 415-4 | Défaut d'identification | Contravention de 5e classe, jusqu'à 1 500 € |
| R. 415-5 | Défaut d'attestation de cession | Contravention |
| Article 521-1 du Code pénal | Sévices graves ou actes de cruauté sur un animal tenu en captivité | 3 ans et 45 000 € ; 5 ans et 75 000 € si l'animal meurt |
| Code des douanes | Importation d'un spécimen CITES sans permis | Poursuites cumulables avec le Code de l'environnement |
Deux erreurs circulent largement : la détention illégale n'est pas punie de « 2 ans et 30 000 € » mais de 3 ans et 150 000 €, et l'article 521-1 du Code pénal ne concerne pas l'achat ou la vente mais les sévices. Les agents de l'Office français de la biodiversité (OFB), les gendarmes et les douaniers sont habilités à constater ces infractions ; le signalement vient le plus souvent d'un voisin, d'un vétérinaire ou d'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Si vous découvrez un animal exotique détenu dans des conditions suspectes, la marche à suivre est détaillée dans trouver un vétérinaire NAC en France pour le volet sanitaire, et auprès du service départemental de l'OFB pour le volet pénal.
Liste positive 2026 : où en est la loi du 30 novembre 2021
La loi n° 2021-1539 visant à lutter contre la maltraitance animale a créé, par son article 14, l'article L. 413-1 A du Code de l'environnement : seules les espèces non domestiques figurant sur une liste fixée par arrêté ministériel pourront être détenues comme animaux de compagnie ou dans un élevage d'agrément, liste révisée tous les trois ans, un décret devant définir l'élevage d'agrément. C'est le modèle de la « liste positive » adopté en Belgique (mammifères depuis 2009) et aux Pays-Bas (30 mammifères depuis le 1er juillet 2024).
| Date | Étape |
|---|---|
| 30 novembre 2021 | Promulgation de la loi ; article 14 crée L. 413-1 A |
| Fin 2023, début 2024, 2024, début 2025, été 2025 | Échéances de publication annoncées puis manquées (question écrite AN n° 15318, 26 mai 2026) |
| Avril 2025 (publié le 17 juillet 2025) | Rapport IGEDD/CGAAER n° 015721-01 : commencer par les mammifères, critères « Une seule santé », rôle de l'ANSES ; ne propose aucune liste d'espèces ; rappelle que les Pays-Bas et l'Espagne excluent d'office tous les primates |
| 31 mars 2026 | Bilan d'application du Sénat : 7 mesures d'application manquantes sur 22, dont la liste positive |
| 21 juillet 2026 | Réponse ministérielle (AN) : l'arrêté « n'a pas encore été publié à ce jour », projet portant « sur les mammifères en premier lieu », observations des associations en cours d'examen |
| 28 juillet 2026 | Le Premier ministre présente la liste positive comme un chantier prioritaire pour fin 2026 |
| 17 septembre 2026 | Réponse ministérielle (Sénat) : toujours non publiée, sans calendrier |
| 26 octobre 2026 | État au jour de cette mise à jour : ni l'arrêté ni le décret ne sont publiés |
Pour les primates, cette liste ne changera rien : ils étaient déjà en colonne (c) sous l'arrêté du 10 août 2004, puis sous celui de 2018, et aucune liste positive européenne n'en contient. Les autres mesures de la loi de 2021 suivent leur calendrier propre : interdiction des cétacés en delphinarium au 2 décembre 2026, fin des animaux non domestiques dans les cirques itinérants au 2 décembre 2028. On lit parfois des références à un « article 66 », à des arrêtés de 2020 et 2023 qui auraient « fermé des fenêtres » et à un « droit de détention viager » : ces trois affirmations sont inexactes. Le droit transitoire existe aux Pays-Bas (preuve d'acquisition antérieure, pas de reproduction), pas en France. Le capybara, lui, relève d'un régime différent, détaillé dans capybara : légal en France, prix et démarches.
Saisies récentes : ce qui arrive vraiment
| Date et lieu | Faits | Devenir de l'animal |
|---|---|---|
| Mai 2022, Lyon | Ouistiti à pinceaux noirs capturé dans un jardin par la SPA | Placé en structure agréée |
| Janvier 2023, Lyon | Annonce clandestine, ouistiti à pinceaux blancs à 4 000 €, deux gardes à vue | Zoo de Saint-Martin-la-Plaine |
| Janvier 2024, La Londe-les-Maures (Var) | Quatorze saïmiris volés dans un zoo, trois retrouvés, bande organisée retenue par le parquet de Toulon | Retour au parc pour les animaux retrouvés |
| 21 mai 2024, Sérignan (Hérault) | OFB et gendarmerie : ouistiti commun tenu en laisse sur un balcon, sans justificatif d'origine, « quatrième ouistiti découvert en Occitanie en quelques années » | Quarantaine puis parc zoologique |
| Juin 2024, Vendée | Ouistiti découvert dans une cage à oiseaux lors d'une perquisition | Recueilli par Action Protection Animale |
| Novembre 2025, Jouy-en-Josas (Yvelines) | Femelle magot (annexe A) avec collier et laisse capturée sur des toits ; plainte d'Action Protection Animale, 3 ans et 150 000 € rappelés | Placée en structure agréée |
Le point commun de ces affaires : l'animal n'est jamais restitué, même quand le détenteur plaide la bonne foi ou l'attachement. Il part en quarantaine, puis rejoint un groupe de son espèce dans un parc ou un sanctuaire comme Tonga Terre d'Accueil (Loire) ou Saint-Martin-la-Plaine. La détention antérieure ne crée aucun droit : il n'y a pas de régularisation possible pour une espèce de colonne (c) sans certificat et autorisation.
Les ouistitis vivent en groupes familiaux de sept ou huit individus où tout le monde porte les jumeaux. Un ouistiti seul dans une cage à oiseaux, comme celui saisi en Vendée en 2024, est un animal en détresse.
Dangers et zoonoses : herpès B, morsures, troubles du comportement
Au-delà du droit, trois réalités biologiques expliquent pourquoi aucun pays européen n'ouvre la détention des primates aux particuliers.
- L'herpèsvirus B des macaques. Les macaques en sont porteurs, « généralement infectés à l'âge adulte » selon les CDC américains (page révisée le 14 août 2026), sans symptôme pour eux. Chez l'homme, la transmission se fait par morsure, griffure ou projection de salive sur une muqueuse ou une plaie ; sans traitement antiviral immédiat, l'infection évolue vers une atteinte cérébrale et le décès un jour à trois semaines après les premiers symptômes. Moins de 40 cas humains ont été recensés depuis 1932, avec une létalité d'environ 80 % en l'absence de traitement. C'est l'exemple type de risque « Une seule santé » que le rapport IGEDD de 2025 demande d'intégrer à la future liste positive.
- Les morsures. Le capucin et le macaque atteignent la maturité sexuelle entre trois et cinq ans ; les canines d'un mâle adulte infligent des plaies profondes, et un primate frustré mord sans prévenir. Les cas de propriétaires américains blessés par leur capucin ou leur macaque devenu adulte sont documentés depuis des décennies.
- L'isolement. Tous les primates recherchés vivent en groupe : 7 à 8 pour le ouistiti, 10 à 50 pour le saïmiri, jusqu'à 60 pour le macaque crabier. Un individu seul, même choyé, développe automutilation, stéréotypies, hypervigilance et agressivité, souvent irréversibles. Les programmes de recherche sur les ouistitis en captivité listent ces signes comme des indicateurs de stress chronique, pas d'ennui.
Pour un propriétaire qui a déjà un animal exotique et s'interroge sur sa place dans un foyer, le guide raton laveur de compagnie en France décrit le même type de piège : un juvénile adorable, un adulte ingérable, une espèce interdite.
Alternatives légales : parrainage, parcs, refuges
Parrainer à Beauval
Beauval Nature propose le parrainage dès 20 € par an, déductible à 66 % de l'impôt sur le revenu, pour des gorilles, chimpanzés, orangs-outans, singes dorés, magots, langurs de Douc et makis cattas, avec certificat et nouvelles de l'animal.
Parrainer à la Vallée des Singes
Le parc de Romagne (Vienne), environ 450 primates sur 22 hectares, accueille les parrainages via le Conservatoire pour la protection des primates : certificat, fiche espèce, entrées ou carte illimitée sur 12 ou 24 mois ; tarifs sur demande. Entrée 2026 : 24 € adulte, 15 € de 3 à 12 ans.
Soutenir un sanctuaire
Tonga Terre d'Accueil (Loire) et le zoo de Saint-Martin-la-Plaine recueillent les primates saisis ; ils fonctionnent sur dons et bénévolat, avec de vrais besoins de financement pour la quarantaine et la resocialisation.
Travailler avec les primates
Soigneur animalier (formations en un à deux ans), vétérinaire, éthologue, bénévolat en parc : les seules voies pour passer ses journées avec des primates, légalement et dans leur intérêt.
Observer dans la nature
Les magots de Gibraltar, les macaques japonais, les ouistitis du nord-est du Brésil : un voyage d'observation coûte moins cher qu'un ouistiti au marché noir et ne finit pas au tribunal.
Choisir un NAC légal
Si l'envie est celle d'un petit mammifère vif et sociable, le furet, le rat ou le cochon d'Inde sont domestiques et libres ; les espèces en déclaration ou soumises à certificat intra-communautaire, comme la tortue d'Hermann, ont leurs propres démarches.
Questions fréquentes
Est-il légal d'avoir un singe chez soi en France ?
Non sans certificat de capacité et autorisation d'ouverture : tous les primates sont en colonne (c) de l'arrêté du 8 octobre 2018 dès le premier individu.
Existe-t-il un singe autorisé ou en simple déclaration ?
Non. Ouistiti, saïmiri, capucin, macaque, galago, lémurien ont le même régime.
Le capucin est-il une exception ?
Non, il figure sur la même ligne « Primates » que les autres.
Que risque-t-on ?
Jusqu'à 3 ans de prison et 150 000 € (L. 415-3), saisie définitive, amende administrative jusqu'à 45 000 € ; 7 ans et 750 000 € en bande organisée.
Qu'a changé la loi du 30 novembre 2021 ?
Son article 14 prévoit une liste positive des espèces de compagnie ; l'arrêté n'est toujours pas publié en octobre 2026 et le régime des primates est inchangé.
Combien coûte un singe ?
Aucun prix légal pour un particulier ; au marché noir 3 000 à 10 000 €, dont un ouistiti à 4 000 € à Lyon en 2023.
Puis-je l'acheter en Belgique ou en Espagne et le ramener ?
Non : leurs listes positives excluent les primates, et la détention en France exige certificat et autorisation quel que soit le pays d'achat.
Le certificat de capacité est-il réservé aux professionnels ?
Pas en droit, mais pour des primates il exige une expérience et des installations de groupe qu'un particulier n'a presque jamais, plus une autorisation d'ouverture après inspection.
Un singe est-il dangereux ?
Les macaques portent l'herpès B, mortel dans environ 80 % des cas humains non traités ; tout primate isolé devient agressif.
Combien de temps vit un singe ?
Saïmiri jusqu'à 30 ans, capucin jusqu'à 45 ans en captivité.
Que devient un singe saisi ?
Il est placé en zoo ou sanctuaire (Saint-Martin-la-Plaine, Tonga Terre d'Accueil) et jamais rendu.
Comment « avoir » un singe légalement ?
Parrainage (Beauval dès 20 € par an, Vallée des Singes), visites, dons aux refuges, métiers animaliers.
Sources, vérifiées le 26 octobre 2026
- Arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques, version consolidée en vigueur depuis le 10 septembre 2025 (modifications jusqu'à l'arrêté du 5 septembre 2025), annexe 2 ligne 19° Primates, articles 3, 7, 10, 12 à 14 (reproduction AIDA/Ineris) ; ministère de la Transition écologique, page « Faune sauvage captive », mise à jour du 20 novembre 2025.
- Code de l'environnement : L. 413-1 A, L. 413-2, L. 413-3, L. 415-3, L. 171-7, L. 171-8, L. 173-7, R. 415-4, R. 415-5 ; Code pénal, article 521-1.
- Loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021, article 14 ; Sénat, bilan d'application au 31 mars 2026 ; réponses ministérielles AN QE 17-15317 (21 juillet 2026) et 15318 (26 mai 2026), Sénat QE 260709509 (17 septembre 2026) ; rapport IGEDD/CGAAER n° 015721-01 (avril 2025, vie-publique.fr) ; Code Animal, 28 juillet et octobre 2026.
- Règlement (CE) n° 338/97, annexes A et B (version consultée : 1er janvier 2020) ; statuts UICN d'après les fiches encyclopédiques.
- OFB, communiqué « Ouistiti », Sérignan, mai 2024 ; LyonMag, 10 janvier 2023 ; Lyon Capitale, mai 2022 ; AFP via Terra Daily, février 2024 ; Brut, 4 juin 2024 ; Infos Yvelines, 18 novembre 2025 ; IFAW/AZA/WWF « Primates for Purchase », 2025.
- CDC, « About B virus », révisé le 14 août 2026 ; Futura Sciences, 21 juillet 2021 (cas humains depuis 1932) ; La Vallée des Singes, tarifs 2026 et parrainage ; Beauval Nature, parrainages ; RVO (Pays-Bas), liste positive mammifères.



