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Mygale, tarentule et autres NAC invertébrés : légal en France ? (2026)

La détention de mygales, tarentules, scorpions et autres invertébrés NAC en France dépend du certificat de capacité et de l'annexe 2 de l'arrêté du 8 octobre 2018. Un arrêté du 5 septembre 2025, encore méconnu, a assoupli le régime général des invertébrés : ce qu'il faut vérifier avant d'acheter.

Mygale, tarentule et autres NAC invertébrés : légal en France ? (2026)
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Gros plan d'une mygale, animal de compagnie NAC dont la détention en France est encadrée par la réglementation sur les espèces non domestiques.
📅 Mis à jour le 16 juillet 2026  ·  11 minutes de lecture NAC Mygale Invertébrés Réglementation

Mygale, tarentule et autres NAC invertébrés : légal en France ? (2026)

✅ Contenu vérifié à partir de textes réglementaires officiels — dernière vérification : juillet 2026.

🚨 L'essentiel en 30 secondes : La détention de mygales et d'autres invertébrés NAC en France est encadrée par l'arrêté du 8 octobre 2018, qui exige en principe un certificat de capacité pour les espèces non domestiques. Mais la réglementation a évolué récemment : un arrêté du 5 septembre 2025 a introduit une catégorie générale « autres espèces d'invertébrés » dispensée de certificat de capacité, hors espèces protégées ou classées à l'annexe A CITES. Le statut exact peut cependant varier selon l'espèce précise : la prudence reste de mise avant tout achat.

Une mygale dans un terrarium, un scorpion sous une pierre décorative, des phasmes qui se confondent avec des brindilles : les invertébrés séduisent de plus en plus d'amateurs de NAC (nouveaux animaux de compagnie), justement parce qu'ils demandent peu d'espace et une manipulation limitée. Mais contrairement à une idée répandue, « ce n'est qu'une araignée » ne veut pas dire « aucune réglementation ». Voici l'état du droit en 2026, y compris un changement récent que beaucoup de futurs propriétaires ignorent encore.


2018 année de l'arrêté général fixant les règles de détention d'animaux d'espèces non domestiques. Source : Légifrance
05/09/2025 date d'un arrêté modificatif récent créant une catégorie assouplie pour « autres espèces d'invertébrés ». Source : AIDA / Légifrance
6 mois emprisonnement encouru en cas de détention d'une espèce soumise à certificat de capacité sans en disposer, selon plusieurs éleveurs spécialisés. Source : forums spécialisés en terrariophilie

Le cadre général : le certificat de capacité

En droit français, la plupart des invertébrés exotiques (mygales, scorpions, certains insectes) sont considérés comme des animaux d'espèces non domestiques, au même titre qu'un serpent ou un perroquet. Leur détention est encadrée par l'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques, qui prévoit un principe simple : la détention n'est dispensée de déclaration, d'autorisation et de certificat de capacité que si l'espèce figure sur une liste annexée à l'arrêté (l'annexe 2), dans la limite d'un effectif précisé pour chaque espèce ou groupe d'espèces.

Concrètement, chaque espèce ou groupe d'espèces se voit attribuer un régime dans cette annexe : certaines peuvent être détenues sans aucune limite ni formalité, d'autres seulement en nombre restreint, et d'autres encore nécessitent un certificat de capacité dès le premier spécimen. C'est ce classement, espèce par espèce, qui détermine en pratique si vous avez besoin ou non d'une autorisation.

Mygales et tarentules : ce qui change en 2025-2026

Historiquement, et selon plusieurs éleveurs et vendeurs spécialisés en France, les mygales ont été traitées comme nécessitant systématiquement un certificat de capacité, quelle que soit l'espèce précise, en raison de leur statut d'animal non domestique. Certains professionnels du secteur continuent d'ailleurs de l'indiquer clairement à leurs clients à ce jour.

⚠️ Un changement réglementaire récent, encore mal connu

Un arrêté du 5 septembre 2025, modifiant l'arrêté du 8 octobre 2018, a introduit dans l'annexe 2 une catégorie intitulée « Autres espèces d'invertébrés, hors espèces figurant en annexe A du règlement (CE) n° 338/97 et hors espèces protégées », pour laquelle le régime applicable autorise leur détention sans limite d'effectif et sans certificat de capacité. Ce texte, très récent, pourrait assouplir la situation pour une large partie des invertébrés NAC, mygales potentiellement incluses selon l'interprétation de cette catégorie générale. Nous n'avons toutefois pas pu confirmer avec certitude, au moment de la rédaction, si les mygales font l'objet d'une ligne spécifique distincte dans l'annexe 2 ou si elles relèvent bien de cette catégorie générale. Avant tout achat, vérifiez le statut exact de l'espèce précise auprès de la DDPP/DDETSPP de votre département ou d'un vendeur titulaire d'un certificat de capacité, plutôt que de vous fier uniquement à une information trouvée en ligne, y compris celle-ci.

Cette zone d'incertitude illustre un principe utile à retenir pour tous les NAC invertébrés : le nom commun de l'animal (« mygale », « tarentule ») ne suffit pas à déterminer son statut légal. Ce qui compte, c'est l'espèce précise (le nom scientifique), sa classification dans l'annexe 2 de l'arrêté de 2018, et son éventuel statut CITES.

Les autres invertébrés NAC, espèce par espèce

Au-delà des mygales, plusieurs catégories d'invertébrés sont couramment gardées comme NAC en France, avec des statuts très différents :

Type d'invertébréStatut général constatéPoints de vigilance
PhasmesGénéralement détenus librement, sans certificat de capacitéCertaines espèces exotiques peuvent présenter un risque invasif si relâchées : ne jamais relâcher dans la nature
Mantes religieusesGénéralement détenues librement pour la majorité des espèces d'élevage courantesVérifier l'espèce précise, certaines espèces exotiques pouvant avoir un statut différent
Blattes d'élevage (Blaptica dubia, etc.)Généralement détenues librement, utilisées aussi comme proies vivantesEspèces non volantes à l'âge adulte recommandées pour limiter tout risque de prolifération accidentelle
ScorpionsStatut variable selon l'espèce ; plusieurs vendeurs spécialisés les classent parmi les espèces soumises à certificat de capacitéCertaines espèces ont un venin médicalement significatif : vérifier systématiquement avant achat
Scolopendres (mille-pattes venimeux)Statut variable selon l'espèce, souvent assimilé à celui des scorpions par les vendeurs spécialisésMorsure potentiellement douloureuse selon l'espèce et la taille
Escargots géants africains (Achatina)Réglementés en raison d'un risque sanitaire et invasif reconnuVérifier le statut avant toute acquisition, en particulier pour l'import

Cette diversité de régimes explique pourquoi il est risqué de généraliser à partir d'une seule espèce d'invertébré vers toutes les autres, y compris au sein d'un même ordre (par exemple, toutes les araignées, ou tous les scorpions).

Le cas particulier de la CITES

Indépendamment du certificat de capacité français, certaines espèces d'invertébrés sont protégées au titre de la Convention de Washington (CITES), qui encadre le commerce international des espèces menacées. C'est le cas, par exemple, de certaines mygales du genre Brachypelma, historiquement menacées par la surexploitation commerciale, aujourd'hui inscrites à l'annexe II de la convention. Pour ces espèces, un document justifiant la traçabilité et l'origine légale du spécimen (certificat CITES ou preuve d'élevage en captivité) doit pouvoir être présenté, indépendamment de la question du certificat de capacité national.

Le statut CITES et le régime français de détention (arrêté de 2018) sont donc deux questions distinctes, qu'il faut vérifier séparément pour une même espèce.

Comment acheter en toute légalité

  • Privilégiez les vendeurs professionnels disposant d'un certificat de capacité pour les espèces qui le nécessitent : ils pourront vous fournir une attestation de cession en bonne et due forme.
  • Exigez un document de traçabilité mentionnant l'espèce précise (nom scientifique), l'origine du spécimen (élevage en captivité de préférence) et, le cas échéant, la référence CITES.
  • Conservez ces documents : ils peuvent vous être demandés en cas de contrôle, et sont indispensables si vous souhaitez un jour revendre, échanger ou céder l'animal.
  • En cas de doute sur une espèce précise, contactez la direction départementale en charge de la protection des populations (DDPP ou DDETSPP) de votre département, qui pourra vous confirmer le régime applicable.
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Questions fréquentes

Puis-je détenir plusieurs mygales sans certificat de capacité ?
Cela dépend directement du statut de l'espèce précise dans l'annexe 2 de l'arrêté du 8 octobre 2018, potentiellement modifié par l'arrêté du 5 septembre 2025 pour la catégorie générale des invertébrés. En l'absence de certitude sur le statut exact de votre espèce, il est recommandé de vous renseigner directement auprès du vendeur ou de l'administration avant d'agrandir un élevage amateur.
Que risque-t-on en cas de détention sans certificat de capacité, si celui-ci est obligatoire pour l'espèce concernée ?
Selon plusieurs sources spécialisées en terrariophilie, l'absence de certificat de capacité pour une espèce qui le requiert peut exposer à des sanctions pénales. En pratique, les contrôles à domicile pour la détention strictement privée restent rares, mais la vente, l'échange ou le transport de l'animal restent des activités réglementées et davantage exposées à un contrôle.
Les morsures ou piqûres de mygale et de scorpion sont-elles dangereuses ?
Cela dépend fortement de l'espèce. La plupart des mygales couramment gardées comme NAC (genres Brachypelma, Grammostola par exemple) ont un venin de faible toxicité pour l'humain, leur principale défense étant leurs poils urticants. D'autres espèces, notamment certains genres asiatiques ou africains à comportement plus vif, peuvent avoir un venin plus significatif. Renseignez-vous systématiquement sur l'espèce précise avant l'achat, en particulier si des enfants ont accès au logement.
Un phasme ou une mante religieuse peut-il être relâché dans la nature s'il ne me convient plus ?
Non, ce geste est déconseillé, voire interdit selon les espèces, en raison du risque d'introduction d'espèces exotiques potentiellement invasives dans les écosystèmes locaux. Mieux vaut se tourner vers une association spécialisée ou un autre passionné pour un don ou un échange.
Sources et références vérifiées (consultées en juillet 2026)
  • Légifrance — Arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques, et son annexe 2
  • AIDA (Annuaire international du droit de l'environnement) — Arrêté du 5 septembre 2025 modifiant l'arrêté du 8 octobre 2018
  • Légifrance — Arrêté du 2 juillet 2009 fixant les conditions simplifiées de délivrance du certificat de capacité
  • Règlement (CE) n°338/97 du Conseil relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages (CITES)

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