Mygale, tarentule et autres NAC invertébrés : légal en France ? (2026)
🚨 L'essentiel en 30 secondes : La détention de mygales et d'autres invertébrés NAC en France est encadrée par l'arrêté du 8 octobre 2018, qui exige en principe un certificat de capacité pour les espèces non domestiques. Mais la réglementation a évolué récemment : un arrêté du 5 septembre 2025 a introduit une catégorie générale « autres espèces d'invertébrés » dispensée de certificat de capacité, hors espèces protégées ou classées à l'annexe A CITES. Le statut exact peut cependant varier selon l'espèce précise : la prudence reste de mise avant tout achat.
Une mygale dans un terrarium, un scorpion sous une pierre décorative, des phasmes qui se confondent avec des brindilles : les invertébrés séduisent de plus en plus d'amateurs de NAC (nouveaux animaux de compagnie), justement parce qu'ils demandent peu d'espace et une manipulation limitée. Mais contrairement à une idée répandue, « ce n'est qu'une araignée » ne veut pas dire « aucune réglementation ». Voici l'état du droit en 2026, y compris un changement récent que beaucoup de futurs propriétaires ignorent encore.
Dans cet article
Le cadre général : le certificat de capacité
En droit français, la plupart des invertébrés exotiques (mygales, scorpions, certains insectes) sont considérés comme des animaux d'espèces non domestiques, au même titre qu'un serpent ou un perroquet. Leur détention est encadrée par l'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques, qui prévoit un principe simple : la détention n'est dispensée de déclaration, d'autorisation et de certificat de capacité que si l'espèce figure sur une liste annexée à l'arrêté (l'annexe 2), dans la limite d'un effectif précisé pour chaque espèce ou groupe d'espèces.
Concrètement, chaque espèce ou groupe d'espèces se voit attribuer un régime dans cette annexe : certaines peuvent être détenues sans aucune limite ni formalité, d'autres seulement en nombre restreint, et d'autres encore nécessitent un certificat de capacité dès le premier spécimen. C'est ce classement, espèce par espèce, qui détermine en pratique si vous avez besoin ou non d'une autorisation.
Mygales et tarentules : ce qui change en 2025-2026
Historiquement, et selon plusieurs éleveurs et vendeurs spécialisés en France, les mygales ont été traitées comme nécessitant systématiquement un certificat de capacité, quelle que soit l'espèce précise, en raison de leur statut d'animal non domestique. Certains professionnels du secteur continuent d'ailleurs de l'indiquer clairement à leurs clients à ce jour.
Un arrêté du 5 septembre 2025, modifiant l'arrêté du 8 octobre 2018, a introduit dans l'annexe 2 une catégorie intitulée « Autres espèces d'invertébrés, hors espèces figurant en annexe A du règlement (CE) n° 338/97 et hors espèces protégées », pour laquelle le régime applicable autorise leur détention sans limite d'effectif et sans certificat de capacité. Ce texte, très récent, pourrait assouplir la situation pour une large partie des invertébrés NAC, mygales potentiellement incluses selon l'interprétation de cette catégorie générale. Nous n'avons toutefois pas pu confirmer avec certitude, au moment de la rédaction, si les mygales font l'objet d'une ligne spécifique distincte dans l'annexe 2 ou si elles relèvent bien de cette catégorie générale. Avant tout achat, vérifiez le statut exact de l'espèce précise auprès de la DDPP/DDETSPP de votre département ou d'un vendeur titulaire d'un certificat de capacité, plutôt que de vous fier uniquement à une information trouvée en ligne, y compris celle-ci.
Cette zone d'incertitude illustre un principe utile à retenir pour tous les NAC invertébrés : le nom commun de l'animal (« mygale », « tarentule ») ne suffit pas à déterminer son statut légal. Ce qui compte, c'est l'espèce précise (le nom scientifique), sa classification dans l'annexe 2 de l'arrêté de 2018, et son éventuel statut CITES.
Les autres invertébrés NAC, espèce par espèce
Au-delà des mygales, plusieurs catégories d'invertébrés sont couramment gardées comme NAC en France, avec des statuts très différents :
| Type d'invertébré | Statut général constaté | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Phasmes | Généralement détenus librement, sans certificat de capacité | Certaines espèces exotiques peuvent présenter un risque invasif si relâchées : ne jamais relâcher dans la nature |
| Mantes religieuses | Généralement détenues librement pour la majorité des espèces d'élevage courantes | Vérifier l'espèce précise, certaines espèces exotiques pouvant avoir un statut différent |
| Blattes d'élevage (Blaptica dubia, etc.) | Généralement détenues librement, utilisées aussi comme proies vivantes | Espèces non volantes à l'âge adulte recommandées pour limiter tout risque de prolifération accidentelle |
| Scorpions | Statut variable selon l'espèce ; plusieurs vendeurs spécialisés les classent parmi les espèces soumises à certificat de capacité | Certaines espèces ont un venin médicalement significatif : vérifier systématiquement avant achat |
| Scolopendres (mille-pattes venimeux) | Statut variable selon l'espèce, souvent assimilé à celui des scorpions par les vendeurs spécialisés | Morsure potentiellement douloureuse selon l'espèce et la taille |
| Escargots géants africains (Achatina) | Réglementés en raison d'un risque sanitaire et invasif reconnu | Vérifier le statut avant toute acquisition, en particulier pour l'import |
Cette diversité de régimes explique pourquoi il est risqué de généraliser à partir d'une seule espèce d'invertébré vers toutes les autres, y compris au sein d'un même ordre (par exemple, toutes les araignées, ou tous les scorpions).
Le cas particulier de la CITES
Indépendamment du certificat de capacité français, certaines espèces d'invertébrés sont protégées au titre de la Convention de Washington (CITES), qui encadre le commerce international des espèces menacées. C'est le cas, par exemple, de certaines mygales du genre Brachypelma, historiquement menacées par la surexploitation commerciale, aujourd'hui inscrites à l'annexe II de la convention. Pour ces espèces, un document justifiant la traçabilité et l'origine légale du spécimen (certificat CITES ou preuve d'élevage en captivité) doit pouvoir être présenté, indépendamment de la question du certificat de capacité national.
Le statut CITES et le régime français de détention (arrêté de 2018) sont donc deux questions distinctes, qu'il faut vérifier séparément pour une même espèce.
Comment acheter en toute légalité
- Privilégiez les vendeurs professionnels disposant d'un certificat de capacité pour les espèces qui le nécessitent : ils pourront vous fournir une attestation de cession en bonne et due forme.
- Exigez un document de traçabilité mentionnant l'espèce précise (nom scientifique), l'origine du spécimen (élevage en captivité de préférence) et, le cas échéant, la référence CITES.
- Conservez ces documents : ils peuvent vous être demandés en cas de contrôle, et sont indispensables si vous souhaitez un jour revendre, échanger ou céder l'animal.
- En cas de doute sur une espèce précise, contactez la direction départementale en charge de la protection des populations (DDPP ou DDETSPP) de votre département, qui pourra vous confirmer le régime applicable.
Questions fréquentes
Puis-je détenir plusieurs mygales sans certificat de capacité ?
Que risque-t-on en cas de détention sans certificat de capacité, si celui-ci est obligatoire pour l'espèce concernée ?
Les morsures ou piqûres de mygale et de scorpion sont-elles dangereuses ?
Un phasme ou une mante religieuse peut-il être relâché dans la nature s'il ne me convient plus ?
- Légifrance — Arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques, et son annexe 2
- AIDA (Annuaire international du droit de l'environnement) — Arrêté du 5 septembre 2025 modifiant l'arrêté du 8 octobre 2018
- Légifrance — Arrêté du 2 juillet 2009 fixant les conditions simplifiées de délivrance du certificat de capacité
- Règlement (CE) n°338/97 du Conseil relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages (CITES)
